C'est aussi dur pour celui qui quitte que pour celui qui est laissé. Les deux doivent se séparer d'une partie d'eux-même qui n'était pas à elle. Un deuxième battements de coeur, comme un deuxième souffle imperceptible, nous marchions toujours par deux. Chacune de nous repart mutilée d'une chose qui était pourtant fondue dans nos chairs. Nous étions pourtant prévenues, que la vie nous séparaient tôt ou tard, maman l'a suffisamment répété. J'avais presque oublié nos sensations. Aujourd'hui, je grandis, et tu es toujours là, fantôme des journées passées qui est cher à ma mémoire, ces journées qui signifient ces années, l'approche de ton anniversaire, celui de nos vacances quand nous jouions nos rôles d'adolescentes pré pubères, combien de fois avons nous éclater de rire? Tu aimes le côté pratique des choses, être à l'aise, je me prends trop souvent la tête, à galérer avec mes talons. Toi, ce que tu aimes c'est te défouler sans retenue, moi je suis celle qui rigole pour un rien. J'aime trop les clichés, attachée à des valeurs superficielles, toi tu pourrais être un caïd de la mafia. Tout à l'extrême! Je me souviens de tout ce qui fait de nous ce que nous sommes au jour d'aujourd'hui, le changement a été flagrant, je dois le dire. En passant par les plus belles surprises au plus gros mal de têtes, retour des soirs ou nous rentrions avec beaucoup de mal. Je n'oublies rien de toi Juliette. Quand tu ris, vraiment fort, presque comme une otarie (tu vas me tuer pour ça), que tu imites les animaux sauvages, toute une joie de vivre en un seul sourire. Juliette, ce n'est pourtant qu'un prénom, mais quand je le murmure, je me fais cadeau de toi. Tu as été la première à me voir comme femme, me tenir la main dans les plus graves situations et même dans les moins critiques. Maintenant Juliette, femme du monde, qui a tout à vivre, je sais que je te laisse dans de bonnes mains. Je te souhaite infiniment tout le bonheur possible. Je t'aimerai de tout mon coeur. Finalement les adieux n'en sont jamais vraiment un.